Atelier Montessori : Éplucher des fruits avec plaisir + Téléchargement gratuit

Aujourd’hui, je vais vous parler des fruits et notamment de la banane et de la clémentine. Mais aussi de l’importance du plaisir dans l’acte de se nourrir. C’est à dire manger en pleine conscience avec ses 5 sens.

La majorité des enfants adorent ces fruits mais à partir de quel âge on propose à l’enfant de les éplucher ?

Pour avoir une idée nous avons commencé à 14 mois mais c’est en aucun cas un indicatif. Vous allez sentir votre enfant prêt pour se lancer dans cette aventure. Donc rester à l’écoute de ses progrès et de ses désirs. Une fois prêt il mettra toute son énergie et attention pour goûter de ses mains un bon fruit.

img_2655

En ce moment ma fille n’arrête pas de répéter « épluche cléma » pour me signaler son désir d’éplucher sa clémentine. Depuis deux jours elle en mange 4-5 dans la journée alors qu’auparavant, elle n’en voulait pas. Alors cette demande serait-elle dû au plaisir gustatif ou sensoriel ? Certes elle adore les clémentines mais comme elle ne les finit pas toujours alors il s’agit certainement aussi du plaisir d’éplucher, de toucher. Avez-vous déjà ressentie ce plaisir de peler un fruit ?

Le système somesthésique nous informe sur tous les sensations somatique que nous ressentons. Et les bout des doigts sont très riches en récepteurs. Les sensations qu’on éprouve circulent dans l’ensemble de notre corps et nous informe sur l’état de notre aliment. L’éducation de ses cinq sens permet à l’enfant de prendre conscience de ce qu’il éprouve, ce qui lui fait plaisir ou non.

La douceur, le bien-être, le bonheur qui nous procure un produit se manifeste avec une intensité plus ou moins importante en fonction du plaisir que nous procure l’aliment. Une clémentine avec une saveur sucrée, onctueuse, parfumée nous donne bien envie.

L’éducation alimentaire du plaisir est donc fortement liée aux sensations organoleptiques agréables qu’elle nous procure mais aussi aux émotions qu’elle provoque en nous. C’est le plaisir de nos cinq sens.

Pensez maintenant à un aliment qui vous permet de replonger dans l’enfance, de ressentir les saveurs mais aussi le plaisir du produit. Je parie que vous serez capable de m’évoquer beaucoup de détailles : l’endroit, le groupe, qu’elle était votre état émotionnel avant et après. Votre cerveau stocke tout avec des détailles impressionnants. Ceci dit ça fonctionne aussi dans l’autre sens : parlez-moi d’un aliment qu’on vous a obligé de manger, que vous aimais pas… D’ailleurs peut être c’est encore plus facile de répondre à cette question qu’à la première.

Maintenant regarder votre petit bout de chou qui est en train d’approcher différents textures, arômes, produits, qui est si sensible aux perceptions, aux sensations, aux émotions que cela lui procure. A présent vous le savez que l’éducation alimentaire passe avant tout par le plaisir. Que le plaisir organoleptiques implique nos cinq sens : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût.

img_2657

Je vous parlais du plaisir car le désir humain est la conséquence du PLAISIR. Alors pour un jeune enfant ce plaisir est encore plus important. C’est tellement gratifiant d’être autonome, de profiter de cette riche expérience sensorielle. Du coup « l’enfant apprend à découvrir et à explorer, à travers le monde des sensations, un nouveau chemin de liberté où la sensorialité prend toute son importance et le guide vers une relation heureuse avec la nourriture » (Jocelyne Petit p 55)

img_2658

Montrez à votre enfant comme fermer les yeux et savourer le fruit (ou le repas) : mmm comme c’est bon. Aux plus grands bander les yeux pour leur demander de reconnaître les saveurs, d’exprimer ce qu’ils ressentent au niveau du goût et de la texture. Souvent dans les structures de la petite enfance on propose aux enfants un plateau avec différents aliments et saveurs (sucrés, salés, amers, acides). Je vous en parlerai davantage dans un autre article.

img_9768

Revenons à la notion du plaisir. Le plaisir nous fait oublier certains besoins primaires (par exemple la faim). C’est pourquoi éplucher son fruit apprend aussi à patienter. Certes la patience n’est pas d’une longue durée car les petits morceaux de banane on les épluche vite. Mais finalement pas si vite que maman:). Alors on met du temps. Je pense aussi à tous les enfants uniques (porteurs de handicap) pour qui ce travail est un défi. Mais aussi les enfants qui ne sont pas de gros mangeurs. Pour eux cette expérience est très enrichissante et constructive afin de pouvoir approcher un produit et prendre plaisir. Et s’il refuse de le manger … tant pis. Il le fera la prochaine fois en tout cas quand il sera prêt de savourer le goût de ce bon fruit.

Félicitez votre enfant pour ses progrès.

Quoi dire si votre enfant n’arrive pas à peler son fruit ? Parler de ce que vous observez sans juger. On dira plutôt « Ça à l’aire d’être difficile d’éplucher cette banane » que « T’arrives pas? » Si vous voulez apporter votre aide demandez à l’enfant: « On fait ça ensemble ». Ces petits jeux de mots ont un impacte considérable sur l’estime de soi de l’enfant. A la place de vous dire plus tard « Maman je ne peux pas. Je suis un nul. Je veux pas » il vous dira « On fait ensemble?« . Avec le temps il vous suffira juste de l’encourager avec des mots pour qu’il parvient à faire tout seul. Si vous êtes là c’est que votre enfant à confiance en soi et qu’il sait que vous avez confiance en lui.

Voici un document qui aidera votre enfant à parler de ses perceptions sensorielles et de son plaisir à table. Je me suis inspirée du livre « Manger avec des enfants: pour le plaisir et pour la vie » de Petite J.

vocabulaire-sur-les-perceptions-sensorielles-a-table

Passons maintenant à la pratique


Matériel

Un fruit. Lavez le à l’eau chaude

Un récipient qui servira de poubelle

Un couteau


Éplucher une banane

Il existe plusieurs façons d’éplucher une banane

Les  rondelles

Je vous conseille de proposer aux jeunes enfants la technique la plus simple « Les  rondelles ».  Il suffit de couper la banane en rondelles et de faire une petite coupe à travers la peau.

img_1117

img_1120

img_1118Couper en deux

Une fois cette technique maîtrisée on peut proposer des plus gros morceaux. Par exemple : couper la banane en deux.

img_2942

img_2940

Banane entière

La dernière étape c’est de se régaler avec une banane toute entière.

Méthode traditionnelle : Briser la tige et éplucher la banane. Pour simplifier on peut faire une entaille avec un couteau sous la tige.

img_2980

Méthode du singe : Pincez doucement le bout de la banane pour briser sa peau. Vous pouvez maintenant la peler.

Éplucher une clémentine

 Avec ses mains

Coupez avec un couteau une des extrémités de la clémentine. Faites des petites entailles autour de la coupe. Proposez le fruit à l’enfant. Monterez lui doucement comment éplucher la clémentine.

img_2622

img_2642

img_9765L’Accordéon

Cette fois ci on coupe les deux extrémités de la clémentine ou de l’orange. N’ayez pas peur de renter un peu plus le couteau dans la chaire surtout pour l’orange. Maintenant coupez la clémentine au milieu afin de dérouler chaque partie du fruit. J’avoue que cette technique est plus intéressante pour éplucher une orange qu’un clémentine.

img_2992

img_2996

img_3043

Pour finir voici un coin lecture pour les grands et les petits

bibliographie-atelier-montessori

Et chez vous à la maison ou en crèche ça ce passe comment? Quel est le fruit préféré de vos enfants? Partagez tout ça avec nous. A très vite

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s