Ma famille en photo : comment apaiser et enrichir le monde intérieur de votre enfant

Aujourd’hui, je vous présente une petite activité très sympathique et riche en émotions pour vos enfants.

Il s’agit d’un support que l’enfant peut manipuler en toute liberté. Petits et grands vont trouver leur bonheur en l’explorant avec créativité et imagination.

Ce support a fait le tour de notre maison de milliers de fois : sur le sapin, sur le tableau en velcro, dans le lit, dans la cuisine, sur le canapé (pour lire une histoire), dans les tiroirs (pour les jeux de coucou), dans la poussette…

Les enfants adorent ce matériel parce qu’il répond à leurs besoins affectifs et les accompagnent vers une symbolisation de leur expérience quotidienne.

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Matériel :

Papier Transfert pour tissus claires

Tissu en couleur (une couleur pour chaque groupe de famille)

Tissu blanc

Machine à coudre

Bande velcro

Ruban


Description

Il s’agit des photos que j’ai transférées sur un tissu blanc. J’ai opté exprès pour cette technique afin de laisser libre ma fille à les manipuler en toute liberté (à la différence de vraies photos qui se déchirent). A cause de la poussée dentaire elle a encore tendance à amener les objets à la bouche. Donc cet outil est très pratique : lavable à la main et facile à transporter. J’ai voulu également l’utiliser sur plusieurs supports en rajoutant une petite bande velcro sur le dos et un petit ruban pour les accrocher.

Chaque groupe était représenté par une couleur. Ceci facilite la reconnaissance des personnes et l’apprentissage de leur appartenance au groupe ainsi que leur prénom. On peut rajouter également des animaux s’ils font partie de votre famille (un petit coucou à ceux qui habitent à la ferme).

Attention: Le papier transfert pour textile doit être utiliser uniquement avec une imprimante à jet d’encre

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L’angoisse de l’étranger

Vers l’âge de 9 mois j’ai commencé à observer chez ma fille un fort changement au niveau de son comportement : une angoisse d’aller vers les inconnus, une peur face aux visages qu’elle ne connaissait pas ou peu. Vous connaissez certainement le scénario quand l’enfant s’agrippe désespérément à vous pour ne pas aller dans les bras d’un de vos amis ou d’un oncle.

De quel peur parle-t-on ? L’angoisse de l’étranger ce manifeste lorsque l’enfant est confronté à une situation nouvelle ou inconnue. C’est pour cette raison qu’il est bouleversé émotionnellement lorsqu’il côtoie même la famille proche (oncle, tante, cousins…). Difficulté d’approcher une personne précise ou avoir besoin du temps pour recréer un lien de confiance avec un adulte est tout fait normal. Chaque enfant est unique et porte en soi sa singularité.

Inutile de l’humilier, de le critiquer ou de banaliser la peur que ressent votre enfant. Cette situation est embarrassante pour l’entourage, pour vous et pour l’enfant. Et on est loin de régler le problème quand on rajoute : « si tu ne veux pas aller chez tata alors elle ne voudra plus de toi… »

C’est totalement incohérent, vous êtes d’accord ? Car ta tante voudra toujours de toi, elle est compréhensive et elle te laissera le temps nécessaire pour t’adapter. Soyons crédibles et empathiques avec nos enfants. Alors mieux vaut rassurer l’enfant par un raisonnement constructif :

« C’est vrai, depuis un moment on n’a pas revu Marc. Il te faut peut être un peu de temps avant de te sentir à l’aise. Est-ce que tu veux qu’on lui montre le jeu de la fourmi ou qu’on joue au coucou me voilà… ? »

Grâce aux photos on nomme les membres de la famille, c’est une première découverte de l’arbre généalogique. Plus l’enfant grandit plus l’identification est facile. On s’amuse à chercher qui est la maman et le papa de qui. On étudie les caractéristiques esthétiques : barbe, moustaches, boucles d’oreilles, bijoux, cheveux court ou long, couleur des yeux. Le jeu de cache-cache fait aussi beaucoup rire les enfants : « Où est oncle Marc ? Ah le voilà derrière la chaise »  

Au début j’observais que ma fille jouait et nommait souvent le prénom de la personne avec qui le contact était plus difficile.

Avouons-le, les adultes, eux aussi ont plus d’affinités avec certaines personnes qu’avec d’autres : en fonction d’intérêts, de tempérament, des goûts. Les jeunes enfants sont comme des petits radars.

Si l’enfant est complètement indifférent (par rapport à nous les adultes) au Bac+5 ou à la beauté extérieure de son interlocuteur il sera très attentif à son expression (parler fort ou avec une voix douce, si la personne est stressé ou détendue…). A nous les parents d’assurer la médiation.

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L’angoisse de séparation

Angoisse de séparation se manifeste entre 8 et 12 mois. C’est la grande peur de vous perdre car la notion de la « permanence de l’objet » n’est pas complètement acquise. L’enfant n’a pas encore intégrer le fait que vous existait toujours même si vous n’êtes pas dans son champ de vision.  Une fois passé cet âge on peut toujours ressentir le manque et le désir de retrouver au plus vite la personne chère.

Parler du parent absent et avoir la possibilité de câliner sa photo permet à l’enfant de vivre plus facilement cette transition.

Donc lorsque vous n’êtes pas là c’est un support par excellence pour vivre mieux la séparation. Les enfants adorent regarder les photos. Même en tant qu’adultes on aime regarder les images qui sont imprégnés de nos souvenirs.

Pourquoi ne pas créer un petit album photo et le laisser chez les grands parents ou chez la nourrice. Ainsi l’adulte avec l’enfant pourra toujours parler de vous en votre absence. Et si l’enfant pleur ? Tant mieux, il a droit d’exprimer ses émotions. Dans ce cas là on prend le temps nécessaire pour parler de sa nostalgie.

Cet outil n’a pas de limite d’âge. Lorsque votre enfant vit une séparation quelconque (crèche, école maternelle, si vous vous absentez pour quelques jours, départ à la maternité…) accorder lui la possibilité de vous sentir toujours prêt de lui.

Moi parmi les autres

« C’est Moi ! ».

Se reconnaître dans un miroir ou sur une photo n’est pas une tâche si simple pour un jeune enfant. Lorsque l’enfant se reconnaît sur un support signifie qu’il commence à avoir une représentation unifié de soi-même tant au niveau physique que psychique. Vers l’âge de 18 mois nous observons une prise de conscience de soi et de l’autrui.  Ainsi à la question « C’est qui ça ? » ou « Où est Alex ? », l’enfant répondra en pointant l’image ou soi-même pour se désigner.

Dites-moi si ce n’est pas merveilleux de voir son petit chou grandir

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Le voyage autour du monde : présent-absent

« Nous sommes tous des migrants. Migrations géographiques,

culturelles, sociales, temporelles : nous ne somme jamais les mêmes,

ni dans le même monde,  au fil de nos vies »

(J.C Métraux,  La migration comme métaphore, 2011)

A nos jours avoir de la famille à l’étranger ou dans une autre ville n’est pas une nouveauté.

Alors les photos sont à nouveau un excellent support pour parler de sa famille aux enfants. L’imagination et la créativité permet de voyager dans le temps et dans l’espace.

A une époque ma fille faisait souvent des gros câlins à la photo de ses grands parents. Au début, j’étais plus présente pour mettre des mots sur le chagrin qu’elle pouvait ressentir. Lui montrer comment elle pouvait se ressourcer d’une manière créative : câliner la photo, toucher le visage, faire un bisou, le mettre dans sa poussette-bébé… puis préparer un café, mettre les couvercles pour les invités, se demander qui aime les pâtes, qui aime les gâteaux…

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C’est merveilleux de voir son enfant faire des bisous sur la photo d’un proche. Mais s’il la tape, l’écrase, lui saute dessus, la déchire… comment interpréter ce mouvement ? A nouveau on ne panique pas. C’est même une très bonne nouvelle : votre enfant a compris qu’il peut exprimer sa colère, sa nostalgie, sa peur ou toute autre émotion via ce matériel. L’adulte en tant que médiateur aidera l’enfant à transformer le geste en mots pour résoudre le problème. N’hésitez pas d’animer la photo comme une marionnette pour faire part à l’enfant de ce qu’elle peut penser ou ressentir.

Le plus précieux dans tout apprentissage c’est d’avoir un adulte disponible qui est là pour transmettre, apprendre à l’enfant à faire autrement, lui faire découvrir d’autres alternative. Mais aussi lui laisser le temps nécessaire pour exprimer et assimiler le nouvel apprentissage.


Comme d’habitude une petite lecture pour accompagner la curiosité de vos enfants 

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Très, très fort, La famille, Louise a une famille nombreuse, Ma famille, Babar en famille, La famille, de plus jeune au plus âgé, Le petit, La famille de Lise 

Au final peu importe la technique que vous allez choisir le plus important c’est de passé un bon moment en famille

Et chez vous ça se passe comment? Quels sont vos outils à la maison, en crèche ou à l’école maternelle? Partagez tout ça avec nous sur le blog ou sur la page Facebook. A très vite

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2 réflexions sur “Ma famille en photo : comment apaiser et enrichir le monde intérieur de votre enfant

  1. Décidément, depuis que j’ai découvert ton blog, je n’y trouve que des bonnes idées !

    Voilà clairement un projet que j’aimerais mettre en place. J’avais plutôt pensé à lui faire un livre photo cartonné et plastifié, mais l’impression sur du tissu est une bonne idée aussi. Surtout que du coup, les gens peuvent être « dissociés », mis tous à plat, etc ! Je n’ai pas encore l’impression qu’il sait faire le lien entre une photo et la personne (il a un an), mais d’un autre côté, je ne l’ai jamais vraiment observé en train d’observer des photos de gens qu’il connait, puisqu’il n’en a pas à disposition. Peut-être que je ne lui laisse pas sa chance !

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  2. Je regarde avec autant de plaisir votre blog. Créer ce matériel demande du temps qu’il soit en tissu ou plastifié… on fait finalement avec les moyens du bord :). Ça vaut vraiment le coup. Je l’utilise aussi comme « retour au calme », quand on voyage ou qu’on est invité chez quelqu’un. L’autre jour elle m’a dit qu’elle a envie de voir sa grande mère… comme on pouvait pas aller la voir je lui ai proposée de regarder sa photo. Le chagrin est passé et on pu continuer nos activités ^^

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